Interview 2026

L’interview a été enregistrée fin octobre 2026. Comme chaque année, on remercie chaleureusement Patrice Fleurent pour le temps accordé et pour ce plaisir d’échanger ensemble. Merci également aux différents parconautes m’ayant confié certaines questions de cette interview. Bonne lecture.

Fraisp’Fan : Bonjour, merci de m’accueillir pour cette interview 2026. Le parc a connu un nouveau record de fréquentation cette année : Félicitations ! Comment analysez-vous ce chiffre, est-ce qu’il correspond à vos attentes ?

Patrice Fleurent : C’est toujours bien de faire une meilleure saison que la précédente, surtout quand on apporte des nouveautés comme cette année, mais je pense sincèrement que si on a fait ces chiffres, c’est grâce à ces nouveautés parce que sans elles, on aurait été sans doute en dessous de 2025 du fait d’une météo plus que compliquée.
Les pics de températures étaient relativement élevés. Par rapport à nos attentes, on ne s’était pas vraiment fixé d’objectifs, même si avec de belles nouveautés on pouvait espérer plus de visiteurs. Disons qu’avec une meilleure météo, on aurait fait mieux, mais sans ces nouveautés, on aurait fait moins. Donc on reste positif avec ce bilan, d’autant plus qu’on sait que beaucoup d’autres parcs en ont souffert.

Est-ce que vous avez noté une baisse de fréquentation sur la période précédant l’ouverture des nouveautés ? Est-ce qu’il y a eu un effet d’attente jusqu’à ce que toutes les attractions soient réouvertes ?

PF : Pas vraiment parce que le mois d’avril a vraiment bien démarré et on a même pas eu de reproches de nos visiteurs. Pour les deux nouveautés, les gens savaient tous qu’elles ouvraient le 4 juillet, mais on a quand même ouvert les Santiags et Sawmill après.
Ceci étant, bizarrement, aucune plainte des gens : Ils étaient prévenus. On est désolés parce qu’on pensait vraiment remettre les Santiags et Sawmill plus rapidement en route, mais on ne pouvait pas oublier qu’elles étaient au cœur du chantier et qu’on ne pouvait que les terminer en dernier.

On était très en retard sur la station de Fireline Redwood, la preuve c’est qu’on n’a pas pu la terminer comme on aurait voulu. Je pense que les coups de chaleur de mai/juin ont impacté la fréquentation, et certainement que certaines personnes ont attendu les nouveautés, mais la canicule a eu plus d’impact, je pense. La canicule a été mieux supportée par les visiteurs au mois de juillet et août que par celles du printemps, alors qu’on était à température égale. Les gens se sont habitués.

Je pense vraiment que si on s’en sort cette année, c’est grâce à la communication sur nos nouveautés qui a permis de faire un peu plus que l’année dernière, mais pour le reste, même si on a des atouts contre les chaleurs avec les attractions aquatiques, les brumisateurs, … Je pense que ça ne suffit pas. Quand il fait si chaud, les gens n’ont pas vraiment envie d’aller faire une heure de voiture avec des enfants. On le sait qu’on a un métier météo-dépendant, à 100%. À l’époque, on se disait que des parcs comme le Futuroscope avaient un atout avec autant d’attractions en intérieur pour les jours de pluie. Mais on s’aperçoit que quand il pleut, même si les équipements vont bien, ça freine quand même la fréquentation.

FF : Au-delà de l’affluence, est-ce que les dépenses dans les restaurants et les boutiques ont bien fonctionné cette année ?

PF : Il s’est maintenu, mais en toute transparence, je ne le connais pas totalement car tout n’est pas finalisé. On n’est pas des assidus à suivre ça au jour le jour, mais on peut dire qu’il y a certainement eu une petite baisse des dépenses, en lien avec le pouvoir d’achat de nos visiteurs. On pense notamment à l’augmentation du carburant ou des choses comme ça, mais globalement ça c’est maintenu. On sait que certains stands comme le Old Time Photo ont bien marché.

FF : Vous avez mis en place la possibilité d’acheter son pass en 4x sans frais, est-ce que cette possibilité a été plébiscitée ?

PF : On pensait mettre ça en place pour Noël, en coup de pouce pour les achats des fêtes. Cela n’a pas trop décollé, et puis ça a plutôt pris en début de saison. On a eu plus d’une centaine de transactions. Dans tous les cas, le but n’était pas d’en faire plein et j’ai tendance à dire que même si cela n’a servi qu’à quelques personnes et que ça leur a permis d’acheter le Pass en soulageant leur budget, alors on est content.

FF : De même concernant le partenariat avec OK Corral (ndlr : depuis cette année, lorsque l’on achète un pass à Fraispertuis-City ou à OK Corral, une entrée gratuite est proposée pour le parc partenaire) ?

PF : J’ai eu l’occasion d’en discuter avec eux lorsque j’y suis passé récemment. Là non plus les comptes ne sont pas finalisés. OK Corral est encore ouvert pour Halloween. Ils en ont fait plus que nous parce que les gens descendent plus dans le sud qu’ils ne viennent dans le Nord, mais ils ont trouvé que l’idée était bonne et on s’est dit qu’on pouvait reconduire ça l’année prochaine.

FF : Concernant Fireline Redwood, êtes-vous satisfait de cet ajout ? Quels sont les retours visiteurs ?

PF : Les retours des visiteurs : c’est vraiment super positif parce qu’il est très familial malgré ses sensations. Alors certains comme moi l’ont trouvé plus que familial (rires). L’attraction draine beaucoup de monde, il a du débit, donc au niveau satisfaction visiteurs on est dans le haut des attractions. Une catégorie de visiteurs garde un faible pour Timber Drop, mais Fireline Redwood a trouvé ses amateurs. On ne regrette pas cet investissement.

FF : Pourquoi avoir choisi de classer Fireline Redwood parmi les attractions familiales et non à sensations sur les plans du parc, alors que les Santiags le sont par exemple ? Est-ce une erreur ou un choix ?

PF : Oui c’est vrai, en fait on la classé dans cette catégorie avant d’avoir pu la faire puisque c’est imprimé sur des plans. Mais à l’entrée de chaque attraction, on a un petit barème de peur et après l’avoir testé avec le TUV, j’ai fait remonter le repère parce qu’il peut faire effectivement plus d’effets que ce qu’on pouvait imaginer. C’est vrai qu’elle mériterait d’être reclassée. Et les Santiags aussi qui sont probablement plus familiales depuis qu’on a mis en place un variateur qui a limité la vitesse. On prend note pour l’année prochaine.

FF : L’attraction et la zone ont un thème fort sur les hotshots qui a eu un écho tout particulier avec les méga feux de cet été. Comment le thème de l’attraction a-t-il été trouvé ? A-t-il été une évidence dès le début ?

PF : Pour être honnête, ce n’était pas une évidence dès le début, au point où le constructeur avait commencé à travailler sur un design complètement différent. On s’inspirait plus de schlittes pour transporter le bois. Puis dans la réflexion on s’est dit que même si c’était dans cette zone forestière, ça faisait beaucoup de bois dans le secteur entre la Rivière Castor, le Flum, la Ronde des rondins et Timber Drop. On s’est dit qu’avec tout ça, il ne faudrait pas que ça vienne à brûler (rires). On a trouvé que l’idée de cette caserne et de mettre à l’honneur cette catégorie de pompiers très spécifique était intéressante.

C’est très américain, mais on s’aperçoit que malheureusement le monde entier est concerné. L’actualité nous a tristement accompagné. On aurait préféré rendre hommage à ces pompiers sans qu’il y ait de nouveaux drames. La statue à l’entrée de la zone supporte ce message. On voulait rendre un vrai hommage, avec une vraie belle statue en bronze, elle pèse 1 tonne. C’est une pièce unique réalisée pour nous par une entreprise américaine spécialisée (Big Statues). Il a fallu la rapatrier des États-Unis et ce n’est pas une mince affaire puisqu’elle est considérée en douane comme une œuvre d’art, avec tous les documents qui vont avec comme une certification. Elle a vraiment été conçue selon nos demandes avec des échanges de concepts arts, des validations régulières. Ils ont fait quelque chose de magnifique.

On l’a reçue en dernière minute puisqu’elle a été livrée le mercredi soir, mise en place le jeudi pour l’inauguration le vendredi.

FF : Pour ce projet, l’investissement a été très important. Quels éléments ont été les plus coûteux ?

PF : Le plus coûteux, c’est ce qui ne se voit pas, ce qui est en dessous. La fosse et les fondations sont très importantes car on a dû descendre très profond sur le grès des Vosges. Je pense que les quantités de béton sont aussi importantes que le socle de Golden Driller. Pas autant d’acier, mais une grande quantité de béton car les murs sont épais et qu’ils ont un traitement particulier pour éviter que l’eau entre dans la fosse.

La station est également importante car sous la gare est abritée toute la technique de Sawmill et de Fireline Redwood ainsi que la gestion des effets spéciaux et la centralisation des armoires électriques. Ensuite il y a aussi l’ossature métallique qui soutient les différents séquoias d’AG Imaginairing qui ont été sculptés par Universal Rocks dans la zone. Le plus grand est à 19m de haut. Avec les risques de prise au vent, cela a donné des centres de charges importants et donc de gros massifs.

Au résultat, on a payé l’attraction moins cher que l’ensemble de ces éléments structurels.

FF : Cela faisait longtemps que le parc n’avait pas ouvert de coaster (ndlr le dernier arrivé étant la ronde des rondins en 2014). Au vu de l’engouement que ce type de projet apporte, peut-on espérer un autre coaster dans les prochaines années ?

PF : On n’était pas parti à l’origine sur ce type de coaster. On est très content de l’ajout, mais on continue à penser que les coasters sont des choses qui plaisent beaucoup aux visiteurs. On a toujours en tête de trouver la place pour ajouter un coaster plus long, plus sensationnel, sans aller dans l’extrême. On reste toujours sur le coup, mais sans savoir dire quand ce sera possible. C’est toujours de très bons ajouts dans les parcs et il y a de jolies choses qui vont arriver dans les années à venir en France. On va laisser ces projets arriver et on continuera à observer ce qui plaît.

FF : Un petit mot sur les Ours’hauts ?

PF : Cette attraction était à l’origine prévue pour remplacer le Joly Jumper, avec l’avantage d’avoir une vue à 360°. On a eu un peu de temps pour trouver le bon programme, mais ceci étant, c’est une jolie petite attraction, bien située.

On ne regrette pas d’avoir finalement gardé le Joly Jumper qu’on a déplacé à côté du Rio Grande. Les gens ont un peu de mal à le trouver, il lui faudra peut-être une meilleure signalétique, mais c’est parfait pour les enfants. Il a retrouvé une place et en plus il a retrouvé son punch puisqu’on l’a complètement révisé pour l’occasion avec des changements de vérins. Il est comme neuf. Les enfants s’amusent énormément, comme les familles qui trouvent leur plaisir sur les Ours’Hauts.

FF : Quels sont les éléments à terminer sur la nouvelle zone ? Sont-elles en projet pour 2027 ?

Oui, déjà la station qu’on a démarrée avant l’hiver. On termine les façades avec un habillage en effet briques. Il y avait un bardage bois qui avait été fait temporairement. On est en train de la terminer en caserne des pompiers comme on l’avait imaginé. Ensuite il y aura l’intérieur avec des décors, les cabines opérateurs sont à améliorer, à fermer, il y aura des portes-sacs ou des casiers et puis le reste de la thématisation. On va aussi retravailler la fin de la file d’attente pour la gestion du flux et l’attente au premier rang qui bloquait parfois l’accès aux escaliers.

On va installer un nouveau snack en face de la zone pour soulager le P’tit Ranch avec principalement des boissons et des petits snacks différents de ce qu’on propose dans les autres points de vente.

Pour la file d’attente de Sawmill également, on va lui remettre ses façades comme l’année dernière pour l’isoler un peu de Fireline Redwood et mettre les gens à l’abri du soleil. On va ajouter le stand photo pour le coaster. Tout était prévu, mais trop juste pour l’installation.

FF : Y a-t-il d’autres projets pour 2027 ?

PF : Il y a beaucoup de réflexion parce qu’on doit avancer sur notre bâtiment logistique. Une des premières étapes serait de remplacer le bloc sanitaire qui est assez ancien et proche de la voie ferrée. Notre idée serait d’avoir un nouveau bloc sanitaire sur chaque entrée qui puisse éventuellement être accessible depuis l’extérieur avant l’ouverture et depuis l’intérieur du parc une fois le parc ouvert. Ça entraînera peut-être des modifications de nos entrées.

On continue toujours la sonorisation du parc. On a encore environ 80 haut-parleurs en stock à installer. On réfléchit également sur nos casiers de consignes à moderniser.

FF : On sait que l’une des principales contraintes à Fraispertuis-City, c’est le manque de place, y a t-il des nouvelles sur les possibilités d’extension du parc ?

PF : On a déjà pu s’étendre cet été sur le parking 4. Ça nous a permis de ne jamais être totalement saturés, même sur les très rares journées de pic d’affluence. La météo est restée assez stable, donc on n’a pas eu de débordement.

FF : Quelles sont les pistes étudiées pour continuer à développer le parc, sans pour autant l’agrandir ?

PF : C’est toujours un peu compliqué, mais on a quand même des attractions qui vieillissent et qui demandent à être remplacées. Il y a des endroits comme les aires de pique-nique qui peuvent être optimisées ou réorganisées. Ça ne nous fera pas gagner énormément toutefois.

Et puis on réfléchit de plus en plus comme on l’a fait cette année dans la nouvelle zone à penser les attractions entre elles. On a les Santiags et l’allée qui passe sous le lift, la partie souterraine qui ne bloque pas une allée, Sawmill est imbriqué là-dedans. On arrive à une bonne densité, sans donner l’impression d’être serré. À nous de réfléchir à ce genre de combinaisons.

FF : Au vu des soirées anniversaire à l’occasion des 50 ans puis des 60 ans du parc, n’envisagez-vous pas d’offrir à vos visiteurs quelques soirées estivales au cours de la haute saison ?

PF : Je ne pense pas, mais je suis moins formel que pour Halloween, qui est sans doute une prochaine question. C’est vrai qu’on l’a vu, le parc est très joli quand tout est éclairé, les arbres, les rochers, …
Tout devient un peu magique. C’est vrai qu’on commence à mettre de la lumière dans nos files d’attente, dans la station. Là, j’ai encore plusieurs luminaires de chez Robers que l’on avait commandés et que l’on n’a pas pu installer. Ils iront contre la gare. Donc, même sans que ce soit prévu, on intègre de plus en plus la lumière dans les projets. Les nocturnes, ça peut être sympathique, mais je ne crois pas que ça multiplie beaucoup l’affluence.

 

FF : Effectivement, la prochaine question concerne Halloween ; certains visiteurs s’étonnent toujours de ne pas voir la saison se prolonger en octobre, est-ce que c’est vraiment quelque chose à regretter ?

PF : Le PAL nous l’interdit (rires). Je suis vraiment étonné, mais je suis très content pour mes collègues, parce que malgré les fermetures dues à la météo de ces 15 derniers jours, ils auront pu se rattraper sur les jours de beau temps d’après ce qu’ils m’ont dit. On voit que même sur ces jours où il fait mauvais, ils arrivent à avoir des visiteurs et qu’ils ne s’en plaignent pas.
En été, dès qu’il pleut, on a des annulations de groupe, des commentaires, alors qu’il n’y a parfois pas grand-chose qui tombe…
Par contre, ce que me disent les collègues c’est : Ouvre donc ! Tu verras, c’est bien. Dans notre choix de ne pas prolonger, il y a aussi une question de rentabilité nécessaire. Il n’y a pas que ça qui compte, certes, mais à un moment si on le fait, il faut le faire bien. Or nous, on se trouve entre plusieurs parcs qui le font très bien. Que ce soit Nigloland, Europa-Park, le Parc du Petit Prince, Cigoland, Walygator,… Les parcs en général font ça très bien, mais nous on a besoin de beaucoup de personnel pour faire tourner le parc.

On travaille beaucoup avec des étudiants et ça complique un peu notre organisation. J’ai un peu de mal à savoir si on a vraiment un intérêt. Pour nous c’est encore prématuré et je ne pense pas que ce soit pour les années à venir. J’en suis même sûr.

FF : J’ai quelques autres petites questions sur des suggestions d’améliorations. Est-ce qu’il est prévu de déplacer l’entrée 1, du côté de la Cavalerie ?

PF : Dans beaucoup de parcs, il y a un peu de marche entre le parking et l’entrée. Chez nous, rien n’est vraiment loin, je ne pense pas qu’on ait intérêt à changer ça dans l’immédiat. Pour l’instant, c’est par là que l’on peut faire entrer les bus et les PSH. Avec le tourne à gauche qui a été mis en place il y a une vingtaine d’années à cet endroit (qui a été en partie subventionné par le département qui ne manque pas de nous le rappeler). On les en remercie, mais cela fige un peu les possibilités d’accès au parking actuellement. L’entrée 1, c’est sûr qu’elle va bouger, peut-être même déjà l’année prochaine, mais d’une cinquantaine de mètres, pour réorganiser cette partie et faire une zone de retournement pour les navettes. Mais dans l’idée, elle restera assez proche de là où elle est actuellement.

À terme, dans un futur lointain, on aimerait même qu’il n’y ait plus du tout d’entrée de ce côté là pour que tout soit sur l’entrée 2 avec un stationnement du même côté ce qui ferait récupérer 6 hectares de foncier, ce qui double le parc finalement.

FF : Est-ce qu’il est envisageable que le parcours de l’Express ait un jour une deuxième station ?

PF : Si le parcours est plus long, oui. Mais c’est conditionné car le parc est quand même assez petit et si c’est pour faire deux stations trop proches, ça n’a pas trop de sens.

PF : Est-ce qu’il est prévu que les temps d’attente des attractions soient affichés ?

PF : Sur certaines attractions, c’est en réflexion, mais il faut que ce soit juste et on se dit qu’on pourrait déjà les afficher en fixe sur certaines attractions. C’est peut-être un boulot qu’on a à faire l’année prochaine de connaître l’attente standard qu’on a dans des points clés de la file. On avait commencé à le faire à un moment. Pour des attractions comme Fireline Redwood, c’est facile, il n’y a qu’un train. C’est plus compliqué pour Timber Drop qui peut tourner à 2, 3 ou 4 trains. Le temps pris pour en rentrer ou en sortir du parcours joue aussi. On peut tout de même donner un aperçu aux gens.

Après derrière cette question, il y a aussi la question de les afficher et de certainement les ajouter à une application.

FF : Effectivement c’est ma question suivante.

PF : À une époque, on mettait le temps d’attente à l’entrée de l’attraction, maintenant on préfère avoir l’info avant d’aller devant.

FF : Enchaînement parfait avec la question : Est-ce qu’il est envisagé que le parc remette en place une application mobile ?

PF : Sans doute, ça ne serait pas complètement inutile pour les informations, pour les restaurants,… Par contre, je pense que c’est quelque chose qui doit vivre. Si tu fais une application, il faut la faire vivre pour mettre à jour, faire des annonces, horaires de fermetures, prolongations, les heures de spectacle, les conseils, en cas de panne pour donner l’info, je vois ça comme quelque chose de dynamique. Donc, c’est vraiment intéressant, mais c’est presque un travail à plein temps.

FF : Est-ce que la dernière section du Grand Canyon, dans le rocher, va être thématisée un jour ?

PF : C’est une bonne question, je ne pensais même plus à ce coin là. Oui pourquoi pas, c’est vrai qu’on peut réfléchir à ça.

FF : Est-ce qu’une photo onride sur le Grand Canyon est envisageable ?

PF : On l’avait fait il y a longtemps, il était avant la fosse. On a arrêté parce que c’était pas très bon. On va voir ce que ça donne avec Fireline Redwood, si on arrive à bien capter et à partir de là, on pourra réfléchir au Grand Canyon. Pour ces photos, on travaille en partenariat avec Socrates et il faut étudier le taux de
rentabilité.

FF : Plusieurs parcs passent sur des systèmes de vente autonomes, sans employés, est-ce que c’est envisagé pour le parc ?

PF : C’est vrai qu’on aime bien cette proximité avec des équipes, mais il est vrai que pour les petites journées, il est difficile de maintenir ouverts plusieurs stands photos dans la journée. Avec le nouveau système mis en place, on aurait la possibilité de n’ouvrir qu’un seul stand sur ces jours-là et de proposer aux gens de repérer le numéro de leur photo sur n’importe quelle attraction pour aller la faire imprimer dans le seul stand ouvert. On doit mettre en place des rideaux qui ferment le guichet, mais qui laissent voir les écrans et les numéros, on n’a pas été au bout de l’idée.

FF : Quel est l’avenir du Ciné Desperados ?

PF : C’est embêtant parce que l’attraction plaît toujours autant et c’est vrai que cette année, malgré nos efforts et le travail à nouveau avec Alterface, il nous est arrivé des pannes qui obligent à tout redémarrer, ce qui est parfois long. Les gens patientent sans trop savoir quand ça va reprendre. Les équipes doivent mieux faire remonter l’information s’il y a des problèmes ou un son trop faible. Normalement ça ne devrait pas se dérégler. Sur les revolvers, Alterface a réussi à améliorer des choses et de meilleure qualité, mais on reste vigilant. C’est aussi beaucoup d’informatique.

FF : Est-ce que le projet de dark ride est totalement abandonné ?

PF : Rien n’est jamais vraiment abandonné. Maintenant on a bien cerné ce qu’il fallait pour faire un dark ride, à savoir une salle à niveau, des volumes suffisamment grands pour avoir des scènes intéressantes. Il y a aussi des versions tournantes avec des shootings, mais on voit aussi que parmi ce qui est fait, certaines choses ont leurs limites.

FF : Est-ce que les nouvelles technologies qui permettent de créer des dark rides très compacts peuvent être une piste ?

PF : Oui, je pense. Il y a moyen de faire quelque chose de chouette. Après trop compact, je ne sais pas ce que ça peut donner, mais avec des scènes, un bon débit, un thème sympa.

FF : Est-ce qu’un Flying Theater comme le modèle compact présenté au IAAPA de Londres
pourrait intéresser le parc ?

Pour avoir fait celui du Futuroscope, j’avais été impressionné par la technologie et la taille de l’écran. Je sais que celui d’Europa Park a un autre système. C’est assez impressionnant quand c’est du grand format, après à l’écran c’est la Vienne, c’est les paysages, si on fait le tour des Vosges, je ne sais pas.

FF : Est-ce que cet espace dans le rocher sera utilisé un jour ?

PF : Oui, je continue à penser que c’est un bel espace, avec une file d’attente. La piste la plus probable serait de l’utiliser pour un monorail.

FF : Est-ce que l’ajout d’une Funhouse est envisageable dans le rocher ou ailleurs ?

PF : Moi je pratique pas, mais je pense pas qu’on peut mettre ça dans le rocher, au bout d’un hiver c’est mort. L’autre jour à Phantasialand j’ai un peu observé, mais j’ai pas eu l’impression que c’était très populaire. Je ne sais pas ce que ça vaut.

FF : Dans une interview précédente, il a été évoqué l’idée de déplacer la Roue panoramique, est-ce toujours d’actualité ?

PF : Oui, du moins c’est pas impossible parce qu’elle est plus dans son thème ici, mais il faudrait la placer contre la forêt parce que l’arrière est pas très joli et qu’elle garde une belle vue sur le parc. C’est pas impossible qu’elle soit déménagée un jour. Le Pony Express pourrait aussi évoluer parce qu’on arrive maintenant dans un endroit de passage un peu serré depuis l’arrivée de Molcajete qui prend plus de place que les Sombreros. Je voulais voir si je pouvais changer une courbure du Pony pour améliorer ça.

FF : Est-ce que les Bullys reviendront ?

PF : Ceux qu’on avait ne reviendront pas. Par contre, si demain un constructeur arrive à nous proposer quelque chose de ce type, toujours aussi simple, adapté aux tout-petits, avec des petits tonneaux dans un chenal, ça pourrait revenir avec un petit circuit. Que les parents restent à côté. Si un constructeur m’entend, je lance l’appel. Je pense que c’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à faire, il faut que ça respecte les normes, mais c’est vrai que des attractions pour les plus petits, c’est compliqué d’en trouver.

FF : Quels types d’attractions manquent encore à l’offre de Fraispertuis-City ? Quelles sont les attentes des visiteurs ? Dans quelle catégorie d’attraction pensez-vous qu’il y a un manque ?

PF : Je ne sais pas, par contre il y a toujours cette question du Billy’s Show, avec l’orientation de la scène qui pose problème pour faire des gradins. On pourrait avoir quelque chose qui capte l’attention des gens pendant une vingtaine de minutes, que ce soit de la magie, de la musique, de la danse. Peut-être intérieur. Peut-être un théâtre d’animatronique comme le Hall des Présidents à Disneyland. Un lieu qui peut accueillir 200 ou 300 personnes. Mais j’ai tendance à penser à quelque chose de plutôt automatique, qui ne dépend pas vraiment du talent de la personne qui est sur scène pour avoir quelque chose d’homogène. Je me rappelle aussi du Ciné 4D du Parc Astérix qui fonctionne bien avec le petit effet dans la salle, des projections sur les murs.

FF : Cette année le parc a sorti avec Bertrand Munier une bande dessinée qui retrace l’histoire familiale. Une très belle idée pour fêter ces 60 ans. Comment est né ce projet ? Comment a procédé Bertrand pour raconter cette histoire ?

PF : J’avais fait la connaissance de Bertrand 2 ans avant avec mon cousin. Il connaissait le parc car il est également pigiste de la liberté de l’Est et il avait écrit un très bel article sur le parc où le récit était à travers les yeux d’un enfant. Cet article était déjà écrit d’une façon très originale et différente de ce que l’on a l’habitude de voir dans la presse. Naturellement il a lancé l’idée d’écrire une BD pour nous, mais à
l’époque je n’y voyais pas vraiment l’intérêt.

Pendant l’hiver 2025, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour les 60 ans du parc. Pour les 50 ans, on avait offert des clés USB avec des photos qui retracent notre histoire. Il fallait trouver une idée et on sait que les gens sont toujours très intéressés par l’histoire du parc. Je me suis dit, comme Fraispertuis-City est aussi né de la passion de mon père pour Lucky Luke, je me suis dit que ça serait bien de raconter l’histoire dans une BD et de pouvoir l’offrir à la soirée anniversaire. On ne savait pas que ça prendrait autant d’ampleur. Ça marche très bien puisque ce livre est vendu aujourd’hui en librairie et ça a surtout fait très plaisir à ma mère, donc le pari était déjà gagné pour moi.

Bertrand a procédé vraiment par investigation pour recueillir les infos. Je lui ai raconté ce que je savais, mais je suis né en 1967, donc il me manquait les premières années et ce qui s’est passé avant. On a discuté avec ma mère, on a été chercher des albums photos, des coupures de presse. Il a cherché le pourquoi du comment, avec beaucoup de talent. J’ai appris des choses moi-même. C’est vrai que le parc s’est appelé par un moment Fairy Land et je n’avais jamais fait le rapprochement. C’est ma tante qui parlait anglais qui avait trouvé ce nom. Bertrand a réussi à comprendre que la traduction Pays des fées faisait référence à la Roche des fées où nous nous trouvons, et à l’Auberge des fées des origines. Via son personnage qui le suit dans toutes ces BD, on a écrit ça et aujourd’hui on est très content de le partager.

FF : Comment l’équipe de direction s’est-elle adaptée au départ en retraite d’Annick, puis de Sophie, qui occupaient des postes clés ?

On s’est adapté naturellement puisque celle qui a pris la place d’Annick à la restauration est quelqu’un qui travaillait déjà avec Annick. Pour Sophie, c’est un peu différent puisqu’elle s’occupait du recrutement et de la communication et en matière de recrutement, on a pris une personne spécialisée dans ce domaine car au-delà du recrutement il y a un gros travail à faire en hiver comme en été. On a donc quelqu’un dédié aux ressources humaines. La communication continue d’être gérée en interne par Rachel qui a travaillé longtemps avec Sophie.

FF : Comment voyez-vous le parc dans 10 ans et comment préparez-vous la relève ?

PF : Après moi le déluge, comme disait mon père. Dans 10 ans, je ne sais pas. On est toujours en place avec ma sœur, pour l’instant on se pose pas vraiment la question. C’est vrai qu’il y a un moment il faudra se la poser sérieusement parce qu’on sait que c’est compliqué dans les affaires familiales, quelle que soit la taille de l’entreprise. Même pour ceux qu’on pense que tout va bien, ça ne doit pas toujours être si simple.
Il faut qu’on soit réaliste. On ne sait pas comment sera exactement l’avenir, il faudra peut-être mettre un directeur d’exploitation et que l’actionnariat reste à la famille. Mais on sait aussi que si Fraispertuis-City fonctionne, c’est parce que derrière il y a cette passion et cet esprit de famille. Je ne suis pas sûr que demain, un groupe tire ici assez de bénéfices comme ils peuvent en avoir dans d’autres parcs.

FF : Merci infiniment pour toutes ces réponses. Très bon hivernage !

PF : Merci beaucoup

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