L’interview a eu lieu en novembre 2025. Un grand merci à Patrice Fleurent pour ses réponses et le partage des documents et informations. Merci également aux différents parconautes m’ayant soufflé certaines questions de cette interview. Les éléments de cette interview peuvent être repris si la source Fraisp’fan est citée. Les documents et photos proviennent du parc et peuvent être partagées. Bonne lecture.
Fraisp’Fan : Bonjour, merci beaucoup de prendre le temps pour cette interview, tant attendue ! Je souhaite commencer par le retour sur l’excellente saison 2025 qui s’est achevée avec 300K visiteurs. Bravo ! On imagine que les équipes sont très fières de ce chiffre. Comment s’est déroulée la saison ?
Patrice Fleurent : Bonjour, on va dire que la saison s’est bien passée. D’autant plus avec cette barre des 300K qui a été franchie, sans oublier qu’on était depuis 2/3 saisons pas loin du but. Ce qui a fait la différence avec les années précédentes, c’est le printemps. On a ouvert avec notre nouvelle attraction Sawmill à quelques jours près dès le début (à cause d’un problème technique), et les 3 premiers mois d’ouverture ont été bons. Ça nous a permis d’arriver avec une bonne longueur d’avance fin juin.
Tous les espoirs étaient au vert pour pulvériser les records, puis, on a vite compris que les grosses chaleurs de juillet/août, les vigilances orage/pluie nous ont freiné pour arriver aux 300K dès la fin août et il a fallu compter tous les week-ends de septembre. Il y en a eu un de très beau, tous les autres, c’était soit le samedi, soit le dimanche. Les 300K ont vraiment été dépassés sur le fil du rasoir puisque si le dernier dimanche n’avait pas été beau, on restait en dessous.
FF : Un parc comme Fraispertuis-City doit-il impérativement compter sur une hausse de fréquentation ou est-ce que l’augmentation d’un panier moyen suffit pour continuer à investir et proposer des nouveautés ?
PF : On pourrait dire que l’augmentation d’un panier moyen pourrait le faire, mais il y a des paramètres aujourd’hui qui rentrent en compte. Crise économique oblige, le panier moyen est plutôt en stagnation et pas forcément en augmentation. Et à côté de ça, les obligations normatives dans tous les domaines font qu’on est condamné à non seulement progresser, mais à progresser beaucoup car ça pousse sur plusieurs sujets (traitement des biodéchets, le tri sélectif, la gestion des consommables, la vaisselle réutilisable, la station d’assainissement qui nous a coûté cette année 150K €, les augmentations de salaires, les coûts de fonctionnement, l’énergie..).
Donc pour un parc, le panier moyen ne suffit pas à essuyer les augmentations de frais et je pense que les parcs sont condamnés à travailler à l’augmentation de ce panier moyen, tout en augmentant la fréquentation.
FF : Le parc a ouvert cette année Sawmill, un Nebulaz Zamperla. Comment ce choix a-t-il été fait ?
PF : Quand on a ajouté les Draisines, on s’est dit : c’est sympa cette version XL, ça remplace les Bumpers et on est partis là-dessus l’année suivante en se faisant la réflexion que les Sombreros manquaient de débit, El Molcajete pourrait donc faire un beau remplaçant. Comme les Draisines, ça tourne, même si les mouvements ne sont pas les mêmes.
On avait donc repéré le Nebulaz qui est visuellement joli, qui tourne aussi, mais encore d’une autre façon. On a regardé qui avait ce modèle autour de nous. Assez bizarrement, les autres parcs qui l’avaient déjà étaient déjà des parcs d’envergure qui ont besoin de débit et on sait que ce n’est pourtant pas son fort. On pense qu’il allait plus dans des parcs de notre gabarit et la preuve, c’est que je pense qu’on a eu toute la saison une attente raisonnable. Alors certes, on a mis trois opérateurs pour les grosses journées et on a travaillé le système d’embarquement, mais on a réussi à maintenir le débit constructeur.
Dans la décision, il y avait vraiment l’aspect visuel de l’attraction et qui une fois de plus, ne prend pas trop de place, ce qui est important pour Fraispertuis-City. A l’origine, elle était prévue pour prendre la place du Blizzard, mais comme ce manège est toujours apprécié, on a gardé le Blizzard et repensé son emplacement en tenant compte du projet 2026 qu’on travaillait déjà.
FF : Le parc a été multi-récompensé cette année (TripAdvisor, European Star Awards, nomination au Park World Excellence awards et aux Parcs Fans Awards). Que représentent ces prix pour les équipes du parc ?
PF : Ce sont toujours des satisfactions. Pour moi, il y a deux choses, celles données par les professionnels, qui ne représentent pas réellement une clientèle, mais qui sont donnés par un jury de connaisseurs et ceux donnés par nos visiteurs comme les notes et commentaires sur Google ou TripAdvisor qui nous classent avec leurs avis. Ce sont des plateformes qu’on continue de consulter lorsqu’on cherche un hôtel, un restaurant ou autre. Sans qu’il y ait de récompense au bout, il y a un reflet du taux de satisfaction qui est pour moi important tout comme pour les équipes du parc aussi. C’est évidemment super d’obtenir des trophées, mais ce qu’il en reste, c’est la satisfaction visiteur qui prime sur tout le reste.
FF : Cette année d’autres améliorations ont été apportées, voulez-vous en parler ?
PF : Comme toujours, on essaie d’améliorer la sonorisation du parc, on a continué cette année encore avec IMASCORE pour la musique de la Crique des pirates. On continue dans cette voie.
Pour le Ciné Desperados, on s’est rendus compte que la mauvaise 3D de l’année dernière serait à corriger et la très belle 2D de cette année sans les lunettes, est vraiment appréciable. Le nouveau projecteur laser qu’on a remis cet hiver permet d’avoir une qualité extraordinaire.
On a également changé nos stands photo on-ride. On est content, car on avait pas mal de problèmes avec notre ancien prestataire et cela nous a permis d’apporter des améliorations comme la photo QR-code qui est moins chère et que les gens peuvent télécharger instantanément et se partager. Cela va être encore amélioré sur Golden Driller avec une lentille encore un peu plus performante. On a aussi remis en route notre photomaton pirate qui est tombé en panne la saison précédente.
Il y a eu également de nouveaux luminaires de chez Robers qui sont venus intégrer les files d’attente de El Molcajete, de l’Express ou du Grand Canyon. On a redonné de la clarté et de la qualité. Ils sont vraiment très forts pour faire quelque chose de top et personnalisable.
FF : Ces dernières années, de gros investissements ont également été faits sur l’aménagement des parkings. Etes-vous satisfait de ces améliorations, est-ce que d’autres projets sont attendus ?
PF : Après les déboires que l’on a connus en 2023, notamment sur les nombreuses plantations qui ont été faites et qui n’ont pas résisté en raison d’un printemps beaucoup trop humide : (sur les 100 arbres plantés, seuls 13 ont résisté), on était à deux doigts de ne plus végétaliser. J’ai souhaité essayer à nouveau sachant que les conditions météo étaient atroces et je pense qu’on a bien fait, car ça nous a permis d’avoir un autre aspect sur le parking plus joli. On a réussi à mettre nos séparations de voiture avec un espace plus large, on était un peu trop étriqué. Avec la plantation des arbres, on perdait un peu de place de stationnement, mais en plus, les visiteurs lorsqu’ils arrivent, ont tendance à ouvrir les portières rapidement et en même temps ce qui freine le stationnement et fait parfois perdre de la place. Cette année, ça a été beaucoup mieux avec nos repères semi-enterrés.
Il reste une problématique de vitesse de stationnement. Nos visiteurs ne sont pas tous des pilotes chevronnés. Ce sont souvent les grands-parents qui amènent leurs petits-enfants et qui mettent du temps à se garer. Sur l’autre parking, on a une autre méthode qui est plus rapide, mais sans ces repères et ces arbres pour l’instant. Dans l’idée, ce serait bien de végétaliser également le deuxième parking. Ce ne sera pas pour cette saison, mais éventuellement en fin d’année 2026. Dans l’idéal, au mois de novembre car les plantations ont bien mieux pris à cette période que celles que l’on avait plantées au mois de mars.
FF : Des extensions de parkings sont-elles encore possibles ? Quels sont les problèmes que rencontre le parc ?
PF : Le parc est situé sur un endroit qui s’appelle la rue de la colline des eaux et qui, en 1966, était plutôt une zone de marécages. Elle a été classée au fil des années avec le réchauffement climatique en zone humide protégée. Et donc forcément, l’extension des parkings se fera du côté de celui de Saint-Dié.
Aujourd’hui, les parkings représentent en gros 6 hectares, divisés en 4 parkings. Il y a 3 parkings qui datent et il y a une extension qui été faite de 4000m², mais après le changement de la loi, on s’est heurté depuis 2017, à une administration plutôt rigide en la matière. Bien que l’on apporte des mesures compensatoires de plus de 20000m² sur la commune de Jeanménil, avec la reconversion de terrains en zones humides, ça n’a pas suffit jusqu’alors. On peut espérer que cette partie soit régularisée prochainement, mais cela reste le problème qui empêche un agrandissement du parc et qui nous oblige à trouver des attractions qui ne nous ramènent pas trop de monde, de façon à ce que l’on puisse continuer à garer tout le monde et donc qui n’empiètent pas sur les parkings, pour ne pas diminuer la capacité de stationnement actuel.
D’où la difficulté liée au projet pour 2026, pour les 60 ans du parc. On peut dire à rcdb.com de mettre une date ultérieure pour le gros projet de coaster qui n’est pas encore possible. On est allé en Irlande, voir un beau projet qui financièrement ne nous aurait pas coûté beaucoup plus cher que ce que l’on prépare, mais qui nécessitait de récupérer 200/300 places de stationnement tout en nous apportant 40000 ou 50000 visiteurs de plus.
Je pense que l’on n’est pas en mesure de faire des journées plus importantes, car nous n’avons pas la capacité de stationnement. Cela risquerait de faire, disons le mot, un effet boomerang que l’on reprendrait dans la figure en perdant en satisfaction visiteur à cause de bouchons, de problèmes de stationnement ou autre. On risque de faire des déçus donc on doit garder notre capacité de parking et on pourra l’augmenter légèrement sur cette dernière zone. Ça ne parait pas grand chose, mais si c’est 100 ou 200 voitures, c’est 800 personnes qui sont garées en plus.
On a eu un vrai bol d’oxygène lorsqu’on a aménagé la zone où il y avait la maison de mon voisin. Ce terrain qui nous appartenait, mais où nous avions signé avec lui un accord de droit d’usage sa vie durant. Il savait que ce serait pour le développement du parc lorsqu’il nous l’a vendu et il ne doit pas m’en vouloir de là où il est. Paix à son âme. C’est une nouvelle zone que l’on a réaménagée, végétalisée sur le bord de route, mais qui a donné un vrai bol d’air avec la possibilité de garer 200 à 300 voitures de plus.
FF : Est-il prévu que l’entrée 1 du parc soit déplacée au fond du parc ?
PF : L’entrée 1 se trouve à un endroit près de la gare du train, la rue western, la grande boutique, on est vite à la croisée des chemins avec l’entrée 2 pour les familles qui se retrouvent. C’est certes un peu plus éloigné du parking, mais ce n’est pas en les faisant arriver à côté de la Cavalerie que ce serait mieux. Pour nous, la solution n’est pas l’entrée 1. Pour moi, la solution serait plutôt de faire disparaître l’entrée 1 pour faire délocaliser les parkings et ne garder que l’entrée 2. En tout cas, je ne vois pas trop pour l’instant l’intérêt de modifier l’entrée 1.
FF : Est-ce que d’autres solutions de parkings à étage ou délocalisés sont envisagées ou est-ce que ce n’est pas viable ?
PF : Ce n’est pas viable, en tout cas à étage, ça ne l’est pas. Des confrères plus importants ont déjà fait des études comme La Bresse qui envisageait par un moment un parking en silo, mais qui a fait ses calculs pour les jours de neige où il y a du monde. La rentabilité n’y est pas. Il y en aura peut-être un rapidement, pour notre personnel parce qu’avec le permis à partir de 17 ans, on a quand même de plus en plus de mal à garer nos employés. Ca resterait près de l’entrée 2 et ce n’est pas encore tout à fait dans les tuyaux car il faudrait que l’on fasse encore un peu plus de visiteurs.
FF : J’aimerai maintenant qu’on évoque plutôt l’année 2026 qui se prépare. Ce sera l’année des 60 ans, est-ce que le parc prévoit des animations, événements, nocturne, parade ?
PF : Tout ça est en réflexion. Parade, c’est peu probable, nocturne non plus parce que le parc n’est pas équipé pour fonctionner la nuit et comme on ne fait toujours pas Halloween, on n’investit pas là-dedans. Il pourra y avoir une soirée anniversaire, mais qui sera plutôt une soirée privée comme on l’a fait pour les 50 ans avec les entreprises, la famille.
Je pense que l’on va travailler au niveau des mascottes, du Billy’s Show et de la partie photo avec un gâteau d’anniversaire. Comme on l’avait pour les 50 ans, on aura peut-être plus de guirlandes et de fanions pour décorer et marquer l’anniversaire. On devrait également avoir d’autres petites choses comme on fait habituellement pour personnaliser les serviettes et d’autres supports par exemple.
FF : Est-ce que le retour d’un spectacle sur la scène du Billy’s Show est envisagé comme aux 50 ans du parc ?
PF : Il ne serait pas étonnant que l’on regarde pour remettre des groupes de musiques ou desanimations comme ça, mais la difficulté reste les dates bloquées et la météo qui peut tout gâcher. Quand on bloque un groupe sur une date et qu’il pleut ou qu’il fait froid, il y a peu de visiteurs, personne n’en profite vraiment. Il faudrait peut-être mieux quelque chose de plus simple, mais présent de manière plus régulière pour moins regretter les petites journées.
FF : Vous pouvez difficilement le cacher, un gros chantier a démarré dans le parc et une déclaration a été faite sur l’ajout d’une nouveauté pour l’année prochaine avec un budget conséquent de près de 6M€. Peut-on en savoir plus sur ce projet ? Est-ce enfin l’arrivée du nouveau coaster tant attendu à Fraispertuis-City ?
On l’a évoqué précédemment, ce n’est pas l’arrivée du coaster que l’on aurait souhaité en raison des problématiques de stationnement. Seulement, on s’est posé la question au IAAPA 2023 et en 2024, on a été voir le Suspended Thrill Coaster à Emerald Park, en Irlande et il y avait également le Family Boomerang Vekoma qui passait à travers. Les deux n’ont rien à voir, mais partant de là, on a pu se rendre compte. Après avoir mis les Draisines, El Molcajete et Sawmill qui tournent, on a réfléchi à quelque chose qui ne tourne
pas. ART Engineering fait de belles balançoires, mais ça prend un peu de place et force est de constater que c’est toujours le Grand Canyon qui ferme en dernier. Même si ce n’est pas le plus confortable, on se rend compte que c’est le genre de sensations qui plaisent à la famille, qui reste notre cible principale. On voit aussi de grands parkfans qui ne vont pas sur Golden Driller, ils aiment bien les grands huit, mais Golden Driller, ils passent leur tour. Je le sais car je ne suis jamais monté dedans, ça reste une attraction de courageux.
A partir de là, on a discuté avec Vekoma pour voir s’ils pouvaient nous proposer un projet avec la contrainte de le loger dans un endroit où on n’empiète pas sur les parkings. On pouvait céder un endroit qui fait un peu tache dans le parc qui est l’atelier des menuisiers/charpentiers qui se trouvait il y a longtemps au fond du parc, mais qui au fil des années, à force de s’agrandir, s’est retrouvé au milieu.
Quand on était sur Timber Drop, cela laissait une visibilité sur les engins de chantier, ce qui n’était pas le plus joli et donc ce hangar devait partir. On savait pertinemment que l’espace qu’on pouvait sacrifier, c’était celui-là et les places de charge de véhicules électriques qu’on aimerait augmenter en nombre au fur et à mesure pour suivre la demande. Donc, on ne grignote aucune place de stationnement de voiture.
Vekoma nous a proposé un layout de Family Boomerang Custom adapté à notre place et était dans les capacités de nous le livrer pour 2026. Comme vous avez sans doute pu le voir sur les images drone que partage Clément du chantier, on voit clairement une fosse. Or, il n’y a aucun Family Boomerang qui descend aussi profond que celui-ci. Ils sont généralement tous au niveau zéro au niveau de l’altimétrie. Nous, on sera à -5m par rapport au sol et on espère que ça va rendre la sensation sympathique, sans la rendre inconfortable.
On savait que la file d’attente de Sawmill serait éphémère car elle était collée au hangar qui devait partir et que ce bâtiment abritait le local technique. On a volontairement mis Sawmill dans le tracé pour que le layout passe autour. Le bâtiment faisait peut-être 200m², on a 1000m² autour de Sawmill pour placer ce coaster. Il était impensable de mettre ici autre chose, la place est très restreinte. J’ai lu les propositions sur plusieurs forums, certaines n’étaient clairement pas envisageables dans cet espace. On sait qu’avec ça, on va vers une sensation que nos visiteurs vont apprécier. Il n’y a qu’à voir le nombre d’adultes qu’il y a dans la Ronde des rondins ! Et cette année, j’ai encore changé la réglementation en disant, de grâce, qu’un seul adulte par wagon. La maintenance s’est vu appelée pour venir régler les freins à cause du fait que le train est trop chargé avec deux adultes par wagon. Je me dis qu’un jour, il va falloir découper le wagon pour les sortir. (rires)
Le Family Boomerang a l’avantage d’être accessible à partir de 95 cm et on peut y mettre deux adultes par wagon. Le retour sur ce point sera positif. Certains n’aiment pas aller en marche arrière, mais c’est aussi ce qui amène une différence avec l’offre existante dans notre parc et qui n’est pas encore très répandu dans les parcs proches du nôtre et en France.
Le parcours rentre dans les standards des autres Family Boomerang avec 208 m de rail, un lift de 22,5m de haut, une spike de 28m de haut qui commence à -4m et qui culmine à 24,50m. Ce qui va le rendre particulier, c’est sans doute cette fosse, juste après un passage au-dessus de la gare. Il est donné avec un plutôt bon débit, il faudra que les opérateurs soient assez rapides, mais on peut espérer quelque chose de bien, même si je me méfie des débits théoriques constructeurs. Ces débits peuvent très vite varier si l’on doit par exemple faire embarquer une personne à mobilité réduite. Ce coaster là sera vraiment équipé d’un wagon spécifique avec une portière latérale pour aider les personnes en fauteuil à passer directement du fauteuil au wagon. Un ascenseur PMR avec cabine fermée est prévu à la sortie pour rendre l’accessibilité au quai plus facile.
La thématisation ne devrait pas déplaire, puisqu’elle traite d’un sujet qui intéresse tout le monde. On reste dans l’univers forestier de Timber Drop et de Sawmill, mais on s’est inspiré cette fois-ci des équipes Hotshot, qui sont des brigades d’élite de pompiers aux Etats-Unis qui interviennent spécifiquement pour prévenir et maîtriser les feux de forêt. De manière générale, la thématique se veut être un hommage à tous les pompiers et j’ai d’ailleurs eu l’occasion de présenter le projet il y a quelques jours à une équipe de pompiers locaux qui venaient au parc pour préparer une journée d’exercice. L’attraction sera nommée Fireline Redwood et fait référence à la ligne de protection que les Hotshots font entre deux zones boisées pour permettre de stopper la progression du feu lors de grands incendies.
FF : Pour quand est prévue l’ouverture de cette attraction ?
PF : L’ouverture est prévue pour le 4 juillet, si tout le monde tient ses délais. Il faut savoir qu’il y a quand même une grosse thématisation. On souhaite ouvrir Sawmill, les Santiags et la Rivière Castor pour le début de saison en avril prochain. Elles sont impactées avec des modifications de leur files d’attente. On risque donc d’être un peu en zone de travaux sur le début de saison, mais on va faire de notre mieux pour limiter l’impact sur la visite.
FF : Ce même type de coaster va également ouvrir à Festyland cette année, est-ce que c’est quelque chose d’embêtant ou est-ce un avantage ?
PF : Si c’était dans un parc proche de chez nous, ce serait plus embêtant, mais Festyland est à Caen : on a quasiment aucune clientèle commune, on est deux parcs régionaux. D’après ce que j’ai vu, on est sur deux types de layouts différents puisque le leur semble plus en longueur et nous, on est avec deux grands virages. Les thèmes sont également très différents, je pense que les deux projets vont être très sympathiques.
FF : Les Bullys et le Joly Jumper ont été démontés pour les travaux, seront-ils remplacés ?
PF : Il était convenu que les Bullys soient retirés, mais ils sont plutôt en stand-by, sans avoir trouvé de vraie place dans le parc. Ils avaient été déplacés l’année dernière : la peinture des bacs n’a pas bien tenu, ils nécessitent une meilleure surveillance, la flottaison n’est pas très bonne, bref, tout ça fait qu’on n’aura pas le temps de s’en occuper cet hiver. On va les garder de côté pour l’instant.
Pour le Joly Jumper, il avait un problème, c’est que sa file d’attente était aussi accrochée au hangar. En plus, c’est une attraction qui est jolie de face, mais qui n’est pas particulièrement esthétique de tout côté. On avait décidé de l’enlever, mais on s’est ravisés et on a trouvé un endroit sympa. Pendant des années, le château d’eau qui orne Joly Jumper a fait le plein du train Express et maintenant, il va faire celui du Rio Grande, le train pour enfant au fond du parc. Ça permet de grouper ces deux attractions pour enfants et de l’éloigner des rails du chemin de fer. Il sera au bout de l’allée, derrière la Cavalerie pour dynamiser ce coin assez calme. On en a profité pour le démonter pour révision complète : il est dans les ateliers pour revenir en super forme.
Alors qu’on pensait vendre cette petite tour de chute, on s’était demandé si on pouvait éventuellement ajouter une autre version plus familiale. On avait déjà pris contact il y a quelques années avec Zierer, on leur a redemandé un devis pour une Family Freefall Tower comme on en trouve chez plusieurs confrères (Europa-Park, Nigloland, Phantasialand, Parc de la Coccinelle, …). C’est quelque chose de classique, mais on sait que c’est un manège qui plaît et qui a l’avantage d’avoir une vue panoramique à 360° pour profiter de cette nouvelle zone. Il sera un peu plus loin que là où était le Joly Jumper, mais de ce côté-là. Il complètera cette petite zone. Cette tour de 11 mètres ouvrira aussi pour le 4 juillet.

Tout ceci explique un peu mieux le montant de l’investissement qui avait été annoncé et qui est déjà dépassé malheureusement pour ma comptable puisqu’on veut aller jusqu’au bout. On sera plus proche des 7M€. Il y a d’autres éléments dont on ne souhaite pas encore parler qui entrent dans le calcul, mais l’essentiel est là.
FF : Fraispertuis-City aura vraiment une collection de tours très complète !
Oui, effectivement.
Autre chantier, on n’en parle pas trop, mais il y a également un autre budget qui nous permet de construire un nouvel espace technique pour les équipes espaces vert et menuiserie. Puisqu’on les enlève du parc, il faut évidemment leur redonner un espace de travail et de stockage.
FF : Le tracé de l’Express sera-t-il amené à évoluer ?
PF : Pas pour ces travaux, on n’aura pas besoin de bouger la voie ferrée. Il manque un bout sur les photos de drone, car on a des éléments techniques de la nouvelle zone qui vont être sous le quai de Timber Drop. Pour le parcours de l’Express, c’est lié aux possibilités d’agrandissement du parc.
Pour l’instant, il n’y a pas d’intérêt de le faire passer derrière le Rio Grande et c’est très difficile de le faire passer par le chemin qui longe le Flum et la forêt. Pour l’instant ce n’est pas prévu, mais on pourra le prévoir si on prend vraiment de la place un jour sur le Parking 4. Si on ne l’anticipe pas, ça va devenir très difficile de couvrir cette partie du parc avec le train.
Mais rien n’est jamais définitif, la preuve, c’est qu’on a fait une vraie file d’attente bien thématisée juste pour une saison sur Sawmill. On ne voulait pas se contenter de faire avec quelques barrières et une façade avec une bâche imprimée. Nos menuisiers sont courageux et volontaires. La prochaine qu’ils referont aura aussi beaucoup de charme.
FF : Merci pour ces nombreuses informations sur 2026 que beaucoup attendaient ! Il me reste quelques questions qui évoquent plutôt le futur un peu plus lointain du parc.
Est-ce que certaines attractions risquent de partir dans les prochaines années, y a t-il des réhabilitations ou remplacements qui sont envisagés ?
PF : On est en train de nettoyer le rocher de la mine d’or, sans le rendre trop neuf, mais certaines parties étaient un peu noires. On profite qu’il ne fasse pas trop mauvais pour le faire. On va sans doute repasser un coup de jaune sur la statue de Golden Driller.
Le Blizzard a failli y passer avec l’arrivée de Sawmill cette année, mais il reste pour le moment et il a été envoyé en atelier pour une révision complète. Ce n’est pas parce qu’on le révise à fond qu’on ne peut pas se décider à s’en séparer et le vendre dans quelques saisons un peu comme on a fait avec les Sombreros. Tant qu’à le mettre sur le marché, autant qu’il soit en bon état. Je pense que mon collègue qui a acheté les Sombreros n’a pas été déçu de cette vente.
On rêverait sans doute d’un Flum un peu plus grand, ça pourrait être quelque chose que l’on souhaiterait renouveler un jour. En ce qui concerne les autres, pour le coup, il n’y a plus grand chose de vieux. Même si la Roue Panoramique n’a plus vraiment sa place dans la zone Mexicaine et qu’on pourrait éventuellement penser à la déplacer pour laisser place à quelque chose d’autre. Le Pony Express prend pas mal de place, mais est difficilement remplaçable.
Le bâtiment du Saloon mériterait sûrement d’être agrandi avec la possibilité d’un premier étage, peut-être avec une salle de séminaire. J’évoquais l’idée du parking à étage pour le personnel, mais j’ai aussi toujours mon projet de bâtiment logistique. On est de plus en plus dans des Algeco provisoires au fur et à mesure que les équipes grandissent. C’est pratique, mais c’est loin d’être efficace. Il faut que je déclenche rapidement et idéalement durant la prochaine intersaison. Là aussi, c’est un gros challenge avec une partie de choses à détruire pour reconstruire et à synchroniser. C’est l’avantage des Algeco qui sont vite enlevés et ça ira plus vite que le hangar des menuisiers qui était là depuis 30 ans. Il y a urgence pour ce bâtiment, pour tous les collaborateurs.
FF : Est-il prévu de changer le film au Ciné Desperados ?
PF : C’est une question régulière qu’on se pose avec Alterface à chaque fois qu’on les croise. Ils cherchent des parcs qui seraient intéressés à partager les frais de développement d’un nouveau film western avec nous. Ça coûte très cher de faire un nouveau film, ça vaut le budget d’une attraction. Peut-être qu’on le portera nous-même, mais j’ai l’impression que c’est une demande de fans plutôt que des clients, même réguliers. Refaire un film à notre charge, c’est un budget et je ne suis pas sûr que ça apporte une nouvelle expérience. L’idéal serait de trouver d’autres parcs intéressés.
FF : Est-ce que l’intérieur du rocher sera un jour aménagé pour une nouveauté ?
PF : On sait qu’il ne sera pas aménagé pour un dark ride, ça c’est sûr. On est devenu sages et réalistes. On a quelques pistes pour d’autres choses. On avait quand même une file d’entrée avec escalier qui est prête, une sortie, un emplacement d’accès PMR. Après, il faut trouver ce qui pourrait aller.
FF : Quel type d’attraction souhaiteriez-vous encore voir arriver au parc ?
PF : Un bon coaster, pas hyper puissant, mais agréable. Je maintiens que le Vekoma que l’on a testé à Emerald Park en Irlande est de bonne facture. Ça reste un objectif, mais qui ne pourra se réaliser que si tous les feux sont au vert en termes de terrains et de parking.
Comme on l’évoquait, pourquoi pas remplacer le Flum par quelque chose de plus nouveau. On a adoré le Flum Intamin de Family Park, simple, mais efficace avec un lift vertical, passage en marche arrière et dernière descente avec bosse qui fait bien le job, avec un bon débit et qui plaît à tout le monde.
C’est une attraction qui demande un travail de génie civil important, mais qui n’est pas improbable comme investissement constructeur. Un peu comme ce Family Boomerang Vekoma où le budget est plus important pour le génie civil et l’agencement/déco que le prix de l’attraction. Plein de choses sont possibles, mais le but est de savoir comment on peut mettre des attractions dans un parc déjà bien concentré.
FF : Il y a les cow-boys, les Mexicains, les pirates, pourquoi les Indiens n’ont pas droit à leur quartier et leurs attractions ?
PF : Parce que je pense qu’aujourd’hui, ce n’est pas toujours de bon ton. Les Amérindiens ont été maltraités suffisamment dans de nombreuses œuvres, même s’ils étaient plutôt sympathiques dans Lucky Luke. Ce sont des thèmes difficiles à traiter. Je pense que cela pourrait être mal interprété aujourd’hui.
Et puis c’est ce que je disais à l’époque, si on le fait, il faut vraiment une zone avec quelques attractions, un restaurant et une boutique pour que ça ressemble à quelque chose. Si c’est juste pour mettre une attraction avec un tomahawk, autant rester dans le thème western.
FF : A quand un personnage mexicain ?
PF : Jack accueille les gens dans le quartier des pirates et tourne dans sa zone, Billy sur l’autre entrée et la zone western. On a volontairement arrêté de mélanger Billy, Dolly et Jack sur le podium pour recentrer sur Billy et Dolly, car c’est avec eux qu’est né le parc. Est-ce qu’on fera un petit podium à Jack en zone pirate pour qu’il fasse lui aussi ses photos ? La zone mexicaine, ce n’est pas grand, une mascotte ferait vite le tour.
FF : Est-il prévu de planter plus d’arbres dans le parc et notamment entre Timber Drop et le parking bus ?
PF : Le parking bus est déjà très limité, on les gare déjà au plus près des barrières. Malheureusement, si l’on ajoute de la végétation par ici, on perd de la place de stationnement et de manœuvre. Il n’y a que si on change d’emplacement ces bus et qu’on agrandit le parc de ce côté que l’on pourra correctement végétaliser. On pourrait avancer l’entrée pour avoir plus de place à l’arrière, ajouter des toilettes pour permettre de faciliter l’accès.
Pour planter un arbre, il faut vraiment pouvoir compter un bon périmètre pour le laisser grandir. Sur la nouvelle zone, le thème est lié, on est dans la continuité de Timber Drop. Il y aura évidemment des éléments artificiels comme les troncs de séquoias, mais on va faire le maximum en naturel pour verdir le plus possible.
FF : Le parc recrute-t-il dans l’équipe permanente ?
PF : Il y a un poste qui est en train d’évoluer, car plus on ajoute d’attractions, plus il y a de la maintenance et plus il y a besoin d’agents de maintenance. Cette année, on a déjà renforcé l’équipe, mais on est en train de recruter pour la maintenance mécanique.
On cherche des gens qui ont les compétences, qui sont sérieux et qui acceptent le rythme des parcs, à savoir travailler les week-ends et les vacances (pas tous bien sûr, mais plus on sera, plus on pourra tourner).
FF : Est-ce que vous ne regrettez toujours pas de ne pas étendre la saison jusqu’à Halloween ?
Encore moins cette année, j’ai des échos de collègues : certains ont dû s’en sortir parce que les gens consomment, mais c’est atroce. On a eu des vacances scolaires, 15 jours de mauvais temps et depuis la reprise de l’école, il fait 17°, il y a du soleil, on a vécu 2 semaines sans soleil, du froid, on a frôlé l’inondation sur le chantier alors on s’imagine mal si le parc était ouvert avec les attractions, les employés … Donc toujours zéro regret, les autres collègues le font très bien. Il faut les soutenir.
FF : Un grand merci pour le temps que vous nous avez consacré cette année encore. Courage aux équipes pour le chantier en cours et au plaisir de suivre ce nouveau projet.
PF : Merci à vous.
















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